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De Gaulle: citat vizionar despre iluzia integrarii minoritatilor!


        Citations du Général De Gaulle le 5 mars 1959
        >  > > rapportées par Alain Peyrefitte

            Maintenant, on irait en prison pour bien moins que cela )


            « C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des
            Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la
            France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une
            vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une
            petite minorité. Sinon, la France ne serait plus la France.
            Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race
            blanche, de culture grecque et latine et de religion
            chrétienne. Qu'on ne se raconte pas d'histoire ! Les
            musulmans, vous êtes allés les voir ? Vous les avez regardés
            avec leurs turbans et leurs djellabas ? Vous voyez bien que
            ce ne sont pas des Français. Ceux qui prônent l'intégration
            ont une cervelle de colibri, même s'ils sont très savants.
            Essayez d'intégrer de l'huile et du vinaigre. Agitez la
            bouteille. Au bout d'un moment, ils se sépareront de
            nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des
            Français. Vous croyez que le corps français peut absorber
            dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions
            et après-demain quarante ? Si nous faisions l'intégration,
            si tous les Arabes et les Berbères d'Algérie étaient
            considérés comme Français, comment les empêcherez-vous de
            venir s'installer en métropole, alors que le niveau de vie y
            est tellement plus élevé ? Mon village ne s'appellerait plus
            Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées. »
            >  > >
            >  > > CHARLES DE GAULLE

Umor frantuzesc

Une trés belle femme frappe à la porte de son voisin et lui dit :
- J'ai une envie folle de m'amuser, de me saouler et de faire l'amour toute la nuit... êtes vous occupé ce soir ?
"- Non ! répond le voisin tout heureux "
"- Alors vous pouvez garder mon chien ???

Une superbe jeune femme sort de chez le fleuriste avec un magnifique bouquet de roses. Un monsieur s'approche et lui dit :
-Mademoiselle, vous ne pouvez savoir à quel point j'aimerais être à la place de vos roses.
-Ah bon mais pourquoi monsieur?
-Mais pour être dans vos bras, voyons.
-Ah mais ne vous y fiez pas, aussitôt à la maison, je leur coupe la queue.

Deux hommes sont à la pêche sur glace à leur trou de pêche favori, Ils pêchent tranquillement en buvant leur bière.... Presque silencieusement, afin de ne pas effrayer le poisson, Bob dit :
-"Je pense que je vais divorcer d'avec ma femme, elle ne m'a pas parlé depuis plus de 2 mois."
Son compagnon continue lentement à boire sa bière à petits coups et dit alors pensivement :
-"Réfléchis bien; des femmes comme ça, c'est dur à trouver. "

Un homme est devant sa télévision et contrôle le ticket de loto qu'il a Joué le matin même.Ses 6 numéros sortent !Bingo !!!!! Fou de joie, il crie par la fenêtre à son épouse qui se trouve de l' autre côté de la route :
-"Chérie grouille-toi, viens vite nous avons gagné la cagnotte du loto".
La femme saute de joie et traverse la route.Un camion arrive et l 'écrase.Le mari :
- "Oh la la !!! Quand une journée est bonne, elle est bonne !"

- Ta femme est à la mer ?
- Oui, et je lui écris tous les jours !
- Ca alors ! Après dix ans de mariage, c'est de l'amour ou je ne m'y connais pas !
- Oui, mais en partant, elle m'a dit : 'Si tu ne m'écris pas tous les Jours, je reviens immédiatement !!!'


 

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- TOLSTOÏ, Léon - Le Diable. Publié par René Depasse le 1 août 2010.
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- LA FAYETTE, Madame (de) - La Comtesse de Tende. Publié par chantal S-J le 1 août 2010.
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- LEROUX, Gaston - L'Auberge épouvantable. Publié par René Depasse le 31 juillet 2010.
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- SILVESTRE, Armand - Histoires belles et honnestes. Publié par Orangeno le 31 juillet 2010.
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- PLATON - Lysis (De l'amitié). Publié par René Depasse le 30 juillet 2010.
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- QUIROGA, Horacio - A la deriva (V.O.). Publié par Prof. Tournesol le 29 juillet 2010.
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- HUGO, Victor - Mazeppa (Poème). Publié par Sophie la girafe le 29 juillet 2010.
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- BALZAC, Honoré (de) - Jésus-Christ en Flandre. Publié par René Depasse le 28 juillet 2010.
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- PLATON - Phèdre. Publié par Thomas de Châtillon le 27 juillet 2010.
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- BAUDELAIRE, Charles - L'Albatros (Poème, Version 2). Publié par Gilles-Claude le 26 juillet 2010.
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Momente de viata

Gustave Flaubert, Madame Bovary, Ed. Pocket, 1990, page 242.

 

 

La lune, toute ronde et couleur de pourpre, se levait à ras de terre, au fond de la prairie. Elle montait vite entre les branches des peupliers, qui la cachaient de place en place, comme un rideau noir, troué. Puis elle parut, éclatante de blancheur, dans le ciel vide qu’elle éclairait ; et alors, se ralentissant, elle laissa tomber sur la rivière une grande tache, qui faisait une infinité d’étoiles, et cette lueur d’argent semblait s’y tordre jusqu’au fond à la manière d’un serpent sans tête couvert d’écailles lumineuses. Cela ressemblait aussi à quelque monstrueux candélabre, d’où ruisselaient, tout du long, des gouttes de diamant en fusion. La nuit douce s’étalait autour d’eux ; des nappes d’ombre emplissaient les feuillages. Emma, les yeux à demi clos, aspirait avec de grands soupirs le vent frais qui soufflait. Ils ne se parlaient pas, trop perdus qu’ils étaient dans l’envahissement de leur rêverie. La tendresse des anciens jours leur revenait au cœur, abondante et silencieuse comme la rivière qui coulait, avec autant de mollesse qu’en apportait le parfum des seringas, et projetait dans leurs souvenirs des ombres plus démesurées et plus mélancoliques que celles des saules immobiles qui allongeaient sur l’herbe. Souvent quelque bête nocturne, hérisson ou belette, se mettant en chasse, dérangeait les feuilles, ou bien on entendait par moment une  pêche mûre qui tombait toute seule de l’espalier.

 

à ras de : la nivelul ;

 

troué : găurit, perforat ;

 

se ralentissant: incetinindu-se ;

 

tordre : a răsuci, a suci;

 

écailles:solzi;

nappes: întinderi;

 

seringa : iasomie-de-grădină ;

 

saule : salcă ;

 

bête :animal ;

 

hérisson : arici ;

 

belette : nevăstuică;

 

pêche: piersică ;

 

mûre : coaptă ;

 

espalier : spalierul ;

 

  

Marcel Proust, Du côté de chez Swann, EDDL, 1996, premiers pages :

 

 

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. » Et, une demi-heure après, la pensée qu’il était temps de chercher le sommeil m’éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir encore dans les mains et souffler ma lumière ;  je n’avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que  je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour un peu particulier ; il me semblait que j’étais moi-même ce dont parlait l’ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil, elle ne choquait pas ma raison mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n’était plus allumé. Puis elle commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d’une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j’étais libre de m’y appliquer ou non ; aussitôt je recouvrais la vue et j’étais bien étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure. Je me demandais quelle heure il pouvait être ; j’entendais le sifflement des trains qui, plus ou moins éloigné, comme le chant d’un oiseau dans une forêt, relevant les distances, me décrivait l’étendue de la campagne déserte où le voyageur se hâte vers la station prochaine ; (…)

 

 

 

 

 

 

André Gide, Si le grain ne meurt, Paris, Librairie Gallimard, Ed. De La Nouvelle Revue Française, 43, rue de Beaune ( VIIe ), page 31et les suivantes ;

 

 

Le souvenir que j’ai gardé d’elle me représente les traits un peu durcis déjà par âge, la bouche un peu sévère, le regard seul encore plein de sourire, un sourire qui pour un rien devenait du rire vraiment, si frais, si pur qu’il semblait que ni les chagrins ni les déboires n’eussent pu diminuer en elle l’amusement extrême que l’âme prend naturellement à la vie. Mon père avait, lui aussi, ce même rire, et parfois Mademoiselle Shackleton et lui entraient dans des accès  d’enfantine gaîté auxquels je me souviens pas que s’associât jamais ma mère. (…)    déboire : gust rău lăsat de o băutură ; decepţie, dezgust;

 

Le soir tombait déjà quand enfin nous sortîmes d’entre les berges du fleuve. Le village était encore loin, dont faiblement parvenait jusqu’à nous le son angélique des cloches; pour s’y rendre, un indistinct sentier hésitait à travers la brousse...

indistinct: neclar, nelămurit, confuz, vag;

brousse: hăţiş, mărăciniş;

berge: mal râpos ;

 

Mon grand’père était mort depuis assez longtemps lorsque je vins au monde ; mais ma mère l’avait pourtant connu, car je ne vins au monde que six ans après son mariage. Elle m’en parlait comme d’un huguenot austère, entier, très grand, très fort, anguleux, scrupuleux à l’excès, inflexible, et poussant la confiance en Dieu jusqu’au sublime. Ancien président du tribunal d’Uzès, il s’occupait alors presque uniquement de bonnes œuvres et de l’instruction morale et religieuse des élèves de l’école du Dimanche.

pousser : a împinge; huguenot: calvinist;

 

 

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Gaston Bachelard

Gaston Bachelard
 
L'eau et les reves. Essai sur l'imagination de la matière; José Corti; Paris; 1942; page sans numéro, page 2, page 3;
 
                                                       Introduction
                                            -----------------------------------
                                             Imagination et la matière
 
                                                              "Aidons l'hydre à vider son brouillard"
                                                                            Mallarmé, Divagation, p. 352.
 
  Les forces imaginantes de notre esprit se développent sur deux axes très différents.
  Les unes trouvent leur essor devant la nouveauté; elles s'amusent du pittoresque, de la variété, de l'événement inattendu. L'imagination qu'elles animent a toujours un printemps à décrire. Dans la nature, loin de nous, déjà vivantes, elles produisent des fleurs.
  Les autres forces imaginantes creusent le fond de l'etre; elles veulent trouver dans l'etre, à la fois, le primitif et l'éternel. Elles dominent la saison et l'histoire. Dans la nature, en nous et hors de nous, elles produisent des germes; des germes où la forme est enfoncée dans une substance, où la forme est interne.
  En exprimant tout de suite philosophiquement, on pourrait distinguer deux imaginations: une imagination qui donne vie à la cause formelle et une imagination qui donne vie à la cause matérielle ou, plus brièvement, l'imagination formelle et l'imagination matérielle.
  Ces derniers concepts exprimés sous une forme abrégé nous semble en effet indispensable à une étude philosophique complète de la création poétique. Il faut qu'une cause sentimentale, qu'une cause du coeur devienne une cause formelle pour que l'oeuvre ait la variété du verbe, la vie changeante de la lumière. Mais outre les images de la forme, si souvent évoquées par les psychologues de l'imagination, il y a - nous le montrerons - des images de la matière, des images directes de la matière. La vue les nomme, mais la main les connaît. Une joie dynamique les manie, les pétrit, les allège. Ces images de la matière, on les reve substantiellement, intimement, en écartant les formes, les formes perissables, les vaines images, le devenir des surfaces. Elles ont un poids, elles sont un coeur.
  Sans doute, il est des oeuvres où les deux forces imaginantes coopèrent. Il est meme impossible de les séparer complètement. La reverie la plus mobile, la plus métamorphosante, la plus entièrement livrée aux formes, garde quand meme un lest, une densité, une lenteur, une germination. En revanche, toute oeuvre poétique qui descend assez profondement dans le germe de l'etre pour trouver la solide constance et belle monotonie de la matière, toute oeuvre poétique qui prend ses forces dans l'action vigilante d'une cause substentielle doit, tout de meme, fleurir, se parer. Elle doit accueillir, pour la première séduction du lecteur, les exubérances de la beauté formelle.
  En raison de ce besoin de séduire, l'imagination travaille le plus généralement  où va la joie - ou tout au moins où va une joie! - dans le sens des formes et des couleurs, dans le sens d'un avenir de la surface. Elle déserte la profondeur , l'intimité substantielle, le volume.
  C'est cependant à l'magination intime de ces forces végétantes et matérielles que nous voudrions surtout preter notre attention dans cet ouvrage. Seul une philosophie iconoclastes peut entreprendre cette lourde besogne:détacher tous les suffixes de la beauté, s'évertuer à trouver, derrière les images qui se montrent, les images qui se cachent, aller à la racine meme de la force imaginante.
  Au fond de la matière pousse une végétation obscure;dans la nuit de la matière fleurissent des fleurs noires. Elles ont déjà leur velours et la formule de leur parfum.
                               
                                       --Material trimis de Roxana Sarbu

 

 

 

 

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- BAUDELAIRE, Charles - Trois Réflexions  Sur "Le Beau". Posté le 14 février 2009.
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- DIVERS - Vingt-quatre poèmes (en russe). Posté le 14 février 2009.
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- DOSTOÏEVSKI, Fedor - La Mort de George Sand. Posté le 13 février 2009.
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- SAINTE-BEUVE, Charles Augustin - Poésies (Compilation). Posté le 12 février 2009.
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- GABORIAU, Émile - L'Affaire Lerouge. Posté le 11 février 2009.
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- BAUDELAIRE, Charles - De L'Essence Du Rire. Posté le 10 février 2009.
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- DU BOISGOBEY, Fortuné - Le Pouce Crochu. Posté le 9 février 2009.
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- CONAN DOYLE, Arthur - L'Aristocratique Célibataire. Posté le 8 février 2009.
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                     Eugène Ionesco et le Nouveau Théâtre

 

   Les caractéristiques du Nouveau Théâtre : l’action ne s’y déroule plus d’une façon suivie et logique. Les personnages ne sont plus des carctères soigneusement analysés. Le langage n’est plus un moyen de communication entre les hommes. Le but du Nouveau Théâtre est fondamentalement métaphysique et met en relief, par des procédés qui relèvent souvent de la grosse farce, voire de la clownerie, l’absurdité de la condition humaine chez des héros dérisoires qui ne sont que des symboles sans conditionnement social bien précis. Les représentants sont : Samuel Beckett et Arthur Adamov. Dans le théâtre moderne il y a le monologue long.

  La remise en cause de la nouvelle dramaturgie : théâtre de l’absurde, l’anti-théâtre, nouveau théâtre. La scène n’est plus le lieu d’une illusion qui nous transporte ailleurs et jadis, elle ne se prolonge ni spatielement dans les coulisses, ni dans le temps, après la tombée du rideau. Elle s’ouvre uniquement vers la salle, constituants avec elle le lieu d’une expérience vécue dans l’immédiat, étendue sur la stricte durée du spectacle.

  Le thème de l’absourde : La Cantatrice chauve – conformisme et absurdité du langage ; La leçon - la satire du dogmatisme ; Les Chaises – la difficulté de la communication ; Les Rhinoceros – la réhabilitation de l’humanisme : le sujet de la pièce « Aimerez-vous être rhinocéros? » Béranger et Jean sont employés dans le même bureau, mais Béranger est fantaisiste et Jean beaucoup plus sérieux. Un beau jours un rhinoceros en liberté fonce dans les rues : Jean est scandalisé de ce manquement à l’ordre publique, tandis que Béranger prend les choses avec philosophie. Cependant apparaissent partout des rhinoceros et voici que Béranger, rendant visite à Jean chez lui, le trouve en proie à une étrange maladie : sa voix devient rauque, sa peau verdit et une bosse perce sur son front. Les deux amis discutent du cas d’un de leurs collègue qui s’est transformé en rhinoceros et que Jean soutient : « Puique ça lui fait plaisir de devenir ! Il n’y a rien d’extraordinaire à cela. » Béranger est stupéfié de voir son ami, naguère si humain et si humaniste, devenir rhinocéros. Seul Béranger défendra la race et la dignité humaines, luttant pour ne pas céder à l’attraction du grand nombre.

  Un langage vide de sens : Eugène Ionesco a le plus réflechi sur les mécanismes théâtraux : il est très sensible aux problèmes du langage, à son conformisme, à son absurdité profonde, à la difficulté de communiquer.

  Eugène Ionesco est auteur dramatique français, né à Slatina, en Roumanie, son père avocat, de nationalité roumaine, sa mère de nationalité française, Thérèse Icard. Il a mené une vie littéraire, ses études sont consacrées à la littérature française.

   Ionesco a créé un système dramatique propre : il s’ennuie de Corneille, Shiller est insuportable, Ibsen est difficile à comprendre, Cocteau et Giraudoux artificilelles, les drames sanglantes de Victor Hugo lui produit le rire. Le plus grand adversaire c’est Brecht. Les précurseurs de Ionesco sont Caragiale et Urmuz, le théâtre d’Antonin Artaud et le théâtre surréaliste. Pour Ionesco n’existe la comédie et la tragédie, il y a un seul genre : le spectacle dramatique.

  Un homme cherche à surmonter la crise permanente qu’est la pensée de la vie et de la mort, à résoudre les interrogations, à triompher de l’angoisse, à y voir clair, et note ses obsessions, ses doutes, ses refus.

 

Citations de son THÉÂTRE :   Rhinocéros (1960)

 

Le Logicien, au Vieux Monsieur. Voici donc un syllogisme exemplaire. Le chat a quatre pattes. Isidore et Fricot sont chats.

Le Vieux Monsieur, au Logicien.   Mon chien aussi a quatre pattes.

Le Logicien, au Vieux Monsieur. Alors, c’est un chat.

Béranger, à Jean. Moi, j’ai à peine la force de vivre. Je n’en ai plus envie peut-être.

Le Vieux Monsieur, au Logicien après avoir longuement réfléchi. Donc, logiquement, mon chein serait un chat.

Le Logicien, au Vieux Monsieur.  Logiquement, oui. Mais le contraire est aussi vrai.

Béranger, à Jean. La solitude me pèse. La société aussi.

Jean, à Béranger. Vous vous contredisez. Est-ce la solitude qui pèse, ou est-ce la multitude? Vous vous prenez pour un penseur et vous n’avez aucune logique.

Le Vieux Monsieur, au Logicien.  C’est très beau, la logique.

Le Logicien, au vieux Monsieur. À condition de ne pas en abuser.

Bérenger, à Jean. C’est une chose anormale de vivre.

Jean.  Au contraire. Rien de plus naturel. La preuve : tout le monde vit.

Bérenger. Les morts sont plus nombreux que les vivants. Leur nombre augmente. Les vivants sont rares.

Jean. Les morts, ça n’existe pas, c’est le cas de le dire !… Ah ! Ah !… (gros rire). Ceux-là aussi vous pèsent? Comment peuvent peser des choses qui n’existent pas?

Bérenger. Je me demande moi-même si j’existe !

Jean, à Bérenger. Vous n’existes pas, mon cher, parce que vous ne pensez pas ! Pensez et vous serez.

Le Logicien, au Vieux Monsieur. Autre syllogisme : tous les chat sont mortels. Socrate est mortel. Donc Socrate est un chat.

Le Logicien.  Vous voyez…

 

                                     LES ESSAIS

                           

                                       Antidotes 

 

Chers lecteurs… chacun de vous a raison, seulement les autres se trompent. Toujours. À une seule condition : personne d’entre vous ne doit s’imaginer qu’est l’autre. Les affirmations des autres ne compte pas. Mettez tout en discussion. Être vous même c’est la clé de l’existence. C’est un conseil. (texte adapté en langue française, après la version roumaine du livre.)

 

                              Notes et contre-notes

 

« En réalité, j’ai surtout combattu pour sauvegarder ma liberté d’esprit, ma liberté d’écrivain. Il est évident qu’il s’est agi, en grande partie, d’un dialogue de sourds, car les murs n’ont pas d’oreilles et les gens sont devenus des murs les uns pour les autres : personne ne discute plus avec personne, chacun voulant de chacun faire son partisan ou l’écraser. »

 

 

 

 

 

 

 

 

                            André Malraux (1901-1976)

 

 

   Né à Paris, André Malraux est le fils d’un banquier. Étudiant à l’École des langues orientales, il se passionne pour la littérature et l’archéologie. En 1923, il part pour l’ Extrême Orient, prend part à des expéditions archéologiques, et s’engage politiquement. À son retour en France, en 1927 il publie ses plus connus romans. Il milite ensuite avec Gide contre le nazisme et le fascisme. Prisonnier des Allemands en 1940, il réussit à s’enfuir. En 1969, il renonce définitivement à la politique et se consacre à une méditation sur les thèmes de l’art, de l’histoire, du destin et de la mort. Il meurt à Créteil, à l’ âge de 71 ans.

   La Condition humaine (1933). Le roman traite de la lutte, en Chine, entre les « généraux du Nord », et de la révolution communiste. C’est l’histoire de Katov, le révolutionnaire, de Tchen, le terroriste, de Gisors, l’idéaliste, et de sa femme, May. Le thème de la fraternité, un sentiment que Malraux a profondémént éprouvé, est ici symbolisé par le geste de Katov qui lui offre à ses jeunes camarades sa part de cyanure. Cette fraternité s’oppose au besoin d’héroïsme égocentrique de Tchen, qui décide d’agir seul pour tuer Tchang-Kaï-chek. Il mourra en jetant une bombe sur la voiture du général, sans toutefois parvenir à son but : le général sortira indemne de l’attentat.

   L’Espoir (1937) C’est une chronique de la Guerre civile espagnole. Roman de la fraternité, de l’action, du désespoir et de la solidarité, il raconte l’opposition des « Nationalistes » ou « Fascistes » du général Franco aux « Républicains ».

  Le Musée imaginaire

  La création artistique

La création et les effets des œuvres d’art.

   L’œuvre de Malraux est une épopée historique de l’humanité. Elle exalte l’art, l’intelligence et la volonté. Il s’inspire toujours des grands événements contemporains : la Révolution chinoise, la Guerre Civile espagnole, le danger du nazisme, la Résistence. Selon Malraux, pour être vraiment un homme et pour contribuer au salut de la condition humaine, il faut agir, être un héros, pratiquer la fraternité, qui unit les héros aux gens communs. L’oppression politique et la misère privent l’homme de sa dignité, et c’est par l’action qu’on la défend. Face à la violence, il n’y a que la violence : les hésitations humanistes et les règles morales doivent disparaître. Les romans de Malraux sont le résultat de ses expériences du mal, de son dévouement, de son sens de la fraternité. Son style et sa langue sont pleins de lyrisme, qui se révèlent surtout dans les descriptions des paysages, et dans sa méditation sur la condition humaine.

   André Malraux aura rencontré les grandes personnalités du monde politique et poursuivi un dialogue constant avec les grands artistes et intellectuels : Pablo Picasso, Marc Chagall, Jean Cocteau, André Gide, Pierre Reverdy.

 

Citations :

 

« Să fii mai mult decât un om în lumea oamenilor. Să scapi de condiţia umană... Nu puternic, atotputernic... Orice om visează să fie Dumnezeu. »

 

                                            ***

 

« Fiecare om e nebun, dar ce este soarta omenească, dacă nu o viaţă de efort pentru a-l uni pa acest nebun cu universul? »

 

                                                                                 André Malraux

 

 

« În aventură, în războiul civil, în revoluţie, el, André Malraux, a căutat adevărata faţă a omului dincolo de reflexele condiţionate de viaţa burgheză şi de progresul tehnic, dincolo de morală şi religie: romanele sale din anii 30 înfăţişau deja omul de la cumpăna secolului, lăsat pradă lui însuşi, descoperind în luptă, în umilinţă, victorie sau moarte singura grandoare care ar putea fi a sa, eroica sfidare a condiţiei umane. » ( Pierre de Boisdeffre, Une Histoire vivante de la Littérature d’aujourd’hui, 1958)

 

 

Sources :

 

1)Cerf, Juliette ; Béguin, Olivier ; Fenêtre sur la littérature française et francophone, Modern Languages, Milan, Italie, 2004 ; page 260 ;

2)Malraux, André ; Condiţia umană; Ed. Rao; Bucureşti; 1993; ceea ce scrie pe verso;

 

  -- Material trimis de Roxana Sarbu

                             Apollinaire (1880-1918)

 

 

   Wilhelm Apollinaris de Kostrowitzky est né à Rome en 1880, d’un père inconnu et d’une mere polonaise en exil. Son enfance et son adolescence ont pour décor l’Italie et la Côte d’ Azur. Lorsqu’il arrive à Paris en 1899, nourri des lectures de Verlaine, de Mallarmé, des symbolistes, il écrit déjà. En 1901, précepteur dans une riche famille rhénane, il découvre la vallée du Rhin, Allemagne puis l’ Europe centrale, leurs légendes et leurs mythes, qui deviendront les thèmes du cycles rhénan d’ Alcools. Amoureux de la gouvernante anglaise de son élève, Annie Playden, mais éconduit par elle, il devient ce « mal-aimé » dont la figure hantera nombre de ses poèmes, «  La chanson du mal-aimé » étant l’un des plus célèbres.

   À la veille de la guerre, Apollinaire apparaît de plus en plus comme le défenseur de l’avant-garde. Il vit avec le peintre Marie Laurencin de 1907 à 1912, et fréquente les peintres et les poètes du Bateau-Lavoir : Max Jacob, Salmon, Derain, Picasso. En 1916 il fait paraître le Poète assassiné. Le 24 juin 1917, Apollinaire fait représenter les Mamelles de Tirésias, qui qualifie de drame « surréaliste ». Apollinaire meurt le 9 novembre 1918, emporté par l’épidémie de grippe espagnole.

   Apollinaire est l’illustration même de la mutation qui s’est opérée dans la poésie française entre 1900 et 1920. Il est le dernier poète élégiaque, mais surtout le précurseur des formes les plus modernes de la poésie, l’explorateur des voies que suivront dadaïstes et surréalistes.

   Estimant que « le rythme même et la coupe des vers sont la véritable ponctuation », il supprime celle-ci dans Alcools (1913). « Las d’un monde ancien », il aspire, à l’instar de ses amis les peintres cubistes, à toutes les innovations poétiques que réclame «  l’esprit nouveau » de ce siècle nouveau : cela aboutira notamment à la mise en page surprenante des Calligrames (1918) , qui fait de la disposition du texte sur la page un véritable dessin.

   Alcools (1913). Le titre fait référence au Rimbaud du Bateau Ivre et du « dérèglement de tous les sens », ainsi qu’au poème en prose de Baudelaire : « Il faut toujours être ivre : de vin, de vertu ou de poésie ». « Le Pont Mirabeau », paru en 1913 dans le recueil Alcools qui mêle des poèmes composés entre 1898 et 1913, est caractéristique de la mélancolie apollinaire.

   Cette élégie, devenue l’un des grans classiques de la poésie française, exprime le regret du temps qui passe et de l’amour qui s’enfuit.

 

Poésies :

 

                         Zone

 

À la fin tu es las de ce monde ancien

Bergère ô tour Eiffel le troupeau des ponts bêle ce matin

Tu en as assez de vivre dans l’antiquité greque et romaine

Ici même les automobiles ont l’air d’être anciennes

La religion seule restée toute neuve la religion

Est restée simple comme les hangars de Port-Aviation

Seul en Europe tu n’es pas antique ô Christianisme

L’ Européen le plus moderne c’est vous Pape Pie X

Et toi que les fenêtres observent la honte te retient

D’entrer dans une église et de t’y confesser ce matin

Tu lis les prospectus les catalogues les affiches qui chantent tout haut

Voilà la poésie ce matin et pour la prose il y a les journaux

Il y a les livraisons à 25 centimes pleines d’aventures policières

Portraits des grands hommes et mille titres divers […]

Et tu bois cet alcool brûlant comme ta vie

Ta vie que tu bois comme eau-de-vie

Tu marche vers Auteuil tu veux aller chez toi à pied

Dormir parmi tes fétiches d’Océanie et de Guinée

Ils sont des Christ d’une autre forme et d’une autre croyance

Ce sont les Christ inférieurs des obscures espérances

Adieu Adieu

Soleil cou coupé

 

 

                   Le Pont Mirabeau

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu’il m’en souvienne

La joie venait toujours après la peine

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l’onde si lasse

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

L’amour s’en va comme cette eau courante

L’amour s’en va

Comme la vie est lente

Et comme l’Esperance est violente

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sou le pont Mirabeau coule la Seine

 

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

 

 

 

 

 

 

 

                         Jean-Paul Sartre (1905-1980)

 

   Le nouveau théâtre français connaît une crise qui menace gravement l’existence. Peut-être qu’il renaîtra plus puissant que jamais. Qui sont les facteurs déterminants de cette crise et les solutions donées? Il faut partir des racines de la littérature française : chaque époque a connu un genre littéraire majeur. Le Classicisme s’est réalisé par la tragédie, le XVIIIe siècle est siècle de la philosophie ; commençant avec le XIXe siècle le roman reste sur le premier plan. Le théâtre contemporain ne peut rester dans le cadre étroit que les règles classiques ont créé et que le romantisme ait changé par la Préface de Cromwell. Le théâtre du XIXe siècle et le nouveau théatre font partie de la crise philosophique. Le théâtre actuel souffre une autre influence : celle du cinéma. L’expérience et la concurrence du cinéma font une extension de l’espace scenique et de la durée théatrale. Le jeu avec le temps et avec l’espace sont le résultat dans le théâtre qui a une influence du cinéma. Les thèmes du nouveau théâtre sont : la condition sociale de l’homme, en plus la condition métaphysique. Le nouveau théatre est devenu un théâtre populaire par l’extinction et par la profondeur de sa thématique. Il donne de nouvelles perspectives en dramaturgie.On peut trouver des chefs-d’œuvre. Les représentants sont : Giraudoux, Cocteau, Salacrou, Sartre, Anouilh et Ionesco. Tous ont un apport au théâtre de l’absurde, cherchent à trouver une résolution par leur écriture en face de la guerre et en face des maux qui menace l’existence humaine. Tout est couvert par une écriture élevé, on entre dans la mythologie grecque et romaine, évadent dans un langage voilé pour que les grands hommes de l’Etat ne comprennent pas le message théâtral.

   Sartre naît à Paris. À la Rochelle il fait ses études. Il entre ensuite à l’ Ecole Normale Supérieure. Devenu professeur de philosiphie, il enseigne d’abord dans un lycée du Havre, puis à Paris, et passe ensuite une année à Berlin, pour étudier Husserl et Heidegger. À trente et un ans il publie sa première œuvre philosophique, L’ Imagination , suivie d’un récit, le Mur, et d’un roman, La Nausée. Il se lie ensuite avec Simone de Beauvoir, qui sera sa compagne pendant toute sa vie et avec Camus (cette amitié se terminera plus tard par une querelle). Il est un athéiste, il affirme que Dieu n’existe pas. Sa sensibilité le pousse à nier Dieu parce qu’il a eu une vie tumulteuse. Résistant pendant la guerre, intellectuel de gauche à de nombreux combats militants (contre la guerre d’Algérie, contre la torture, contre toutes les formes de colonialisme), il est aussi le chef de file du mouvement existentialite. Cette philosophie repose sur l’idée  que l’être humain n’est pas déterminé à sa naissance et qu’il lui revient d’utiliser sa liberté pour « devenir » ce qu’il n’est pas encore. Atteint  de cécité à la fin d’une vie consacrée simultanément à la littérature et à l’engagement, Sartre meurt à Paris en 1980. Comme dramaturge il a écrit les pièces suivantes : Les Mouches, Huis Clos, Morts sans sépulture, Les Mains sales, Les Séquestrés d’Altona.

                               Les Mouches –1943

 

                             « Je suis libre, Électre »

 

Dans Les Mouches, Sartre reprend, en le transformant, un épisode de la légende des Atrides, famille de la mythologie grecques maudite par les dieux.Oreste, fils d’Agamemnon et de Clytemnestre, est encore enfant lorsque Égisthe, l’amant de sa mère, tue son père et l’éloigne de la ville d’Argos. Quelques années plus tard, Oreste, de retour dans sa patrie, décide – sous l’influence de sa sœur Électre – de venger son père en tuant, successivement, Égisthe et sa mère Clytemnestre.

Dans le texte qui suit, Oreste retrouve Électre après avoir accompli son crime. Cette dernière est effrayée par les Érinyes, les déesses de la vengeance et du remords. Oreste, au contraire, voit dans son acte pleinement assumé le symbole de la liberté humaine.

 

 

                                       Oreste

 

Je suis libre, Électre ; la liberté a fondu sur moi comme la foudre.

 

                                       Électre

 

Libre? Moi, je ne me sens pas libre. Peux-tu faire que tout ceci n’ait pas été? Quelque chose est arrivé que nous ne sommes plus libres de défaire. Peux-tu empêcher que nous soyons pour toujours les assassins de notre mère?

 

                                      Oreste

 

Crois-tu que je voudrais l’empêcher ? J’ai fait mon acte, Électre, et cet acte était bon. Je le porterai sur mes épaules comme un passeur d’eau porte les voyageurs, je le ferai passer sur l’autre rive et j’en rendrai compte. Et plus il sera lourd à porter, plus je me réjouirai, car ma liberté, c’est lui. Hier encore, je marchais au hasard sur la terre, et des milliers de chemins fuyaient sous mes pas, car ils appartenaient à d’autres. Je les ai tous empruntés, celui des haleurs, qui court au long de la rivière, et le sentier du muletier et la route pavée des conducteurs de chars ; mais aucun n’était à moi. Aujourd’hui, il n’y en a plus qu’un, et Dieu sait où il mène :

 

 

Mais c’est mon chemin. Qu’as-tu?

 

                                 Électre

 

Je ne peux plus te voir ! Ces lampes n’éclairent pas. J’entends ta voix, mais elle me fait mal, elle me coupe comme un couteau. Est-ce qu’il fera toujours aussi noir, désormais, même le jour? Oreste ! Les voilà !

 

                                   Oreste

 

Qui?

 

                                   Électre

 

Les voilà ! d’où viennent-elles? Elles pendent du plafond comme des grappes de raisins noirs, et ce sont elles qui noircissent les murs ; elles se glissent entre les lumières et mes yeux, et ce sont leurs ombres qui me dérobent ton visage. 

 

                                   Oreste

 

Les mouches…

 

                                    Électre

 

Écoute ! … Écoute le bruit de leurs ailes, pareils au ronflement d’une forge. Elle nous entourent, Oreste. Elles nous guettent ; tout à l’heure elles s’abattront sur nous, et je sentirai mille pattes gluantes  sur mon corps. Où fuir, Oreste? Elles enflent, elles enflent,les voilà grosses comme des abeilles, elles nous suivrons partout en épais tourbillons. Horreur ! Je vois leurs yeux, leurs millions d’yeux qui nous regardent.

 

                                     Oreste 

 

Que nous importent les mouches?

 

                                   Électre

 

Ce sont les Érinyes, Oreste, les déesses du remords.

 

 

    -- Material trimis de Roxana Sarbu                        

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